Des solutions environnementales hautes en chaleur

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L’usine d’Enerkem, à Edmonton, a une superficie de 400 000 pieds carrés, soit l’équivalent de sept terrains de football. Elle compte une cinquantaine d’employés. L’usine a été complétée en septembre 2017. (Crédit : courtoisie)
L’incinération et l’enfouissement des plastiques et autres matières à base de carbone affectent l’environnement par l’émission de gaz à effet de serre (GES). La décomposition de ces produits par la chaleur servirait à réduire la quantité d’émissions. En les séparant, ces matières résiduelles produisent aussi des substituts au pétrole. Une pierre deux coups.

Audrey-Maude Vézina

Le plastique, c’est comme de l’essence solide : « Si on prend 1000 kg de plastiques généraux, on va obtenir 900 à 950 litres de diesel. C’est notre pétrole vert de demain », explique Christian Roy, président de l’entreprise Pyrovac. Toutefois, ce n’est pas tous les plastiques qui se recyclent. Lorsque les restes sont chauffés à haute température et sans oxygène, du carburant est produit. Il s’agit du processus de pyrolyse, dans lequel le plastique se décompose sans brûler. La majeure partie des rebuts redevient de l’essence liquide, mais il reste des résidus solides dont la moitié ne peut pas être utilisée. L’autre demie reçoit une seconde vie. En effet, les entreprises d’asphaltage peuvent l’utiliser comme combustible, à la manière du charbon. Du gaz naturel est aussi produit. Il sert à alimenter le four.

Pyrovac travaille avec la Ville de Québec sur une usine de pyrolyse des plastiques, prévue en 2019. « Il y a des choix de société à faire. Ça déborde de partout les plastiques. Il y en a dans la mer, dans les rivières, les dépotoirs », soutient M. Roy. En plus de donner un second souffle aux plastiques rejetés, la pyrolyse permet une réduction des GES de 11% par rapport à l’incinération.

Produits de la décomposition des plastiques
Lors de la décomposition des rebuts de plastiques, les produits qui en ressortent ont une seconde vie.

La décomposition est aussi possible en présence d’oxygène dans l’air. L’entreprise québécoise Enerkem utilise ce procédé, appelé gazéification. Les déchets sont transformés en carburant vert. La première étape produit un « gaz de synthèse ». Ce mélange gazeux est ensuite converti en méthanol et en éthanol, des alcools servant de substituts au pétrole. Leur usine d’Edmonton traite 100 000 tonnes de déchets par année et produit 40 millions de litres d’éthanol. C’est l’équivalent de 76 piscines olympiques! La gazéification réduit aussi l’émission des GES. Pour l’usine d’Edmonton, Pierre Boisseau, directeur principal, Communications et Marketing à Enerkem, estime une réduction des GES équivalant à 100 000 tonnes de CO2.  

Les limites

La pyrolyse des ordures sans aucun tri préalable n’est pas une solution rentable. La compagnie Thide, en France, s’y est attaquée au début des années 2000. M. Roy affirme que c’est une des choses les plus difficiles à faire. « Quand on prend des matelas, mélangés avec des plastiques, de la terre et des déchets verts, c’est très difficile d’obtenir des produits de valeur commerciale. Il faut que ce qui entre dans le réacteur ait une certaine homogénéité. Si on commence avec n’importe quoi, on va avoir n’importe quoi à la fin », explique-t-il.

Dans le cas d’Enerkem, il n’y a pas autant de limitations pour les rebuts à décomposer. « On a mis au point un procédé de gazéification qui nous permet d’avoir une très grande flexibilité au niveau de la matière première qu’on utilise. Elle peut être très hétérogène en autant qu’elle contienne du carbone », explique M. Boisseau.

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